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PARIS (AFP) - Le gouvernement présentera la 14 mars un plan contre la maltraitance des personnes âgées dans les maisons de retraite, qui seront contrôlées plus sévèrement, a annoncé lundi le ministre Philippe Bas, tandis que les directeurs d'établissements déplorent un manque de moyens.
Les maisons de retraite font l'objet à intervalles répétés de soupçons de maltraitance, étayés par des "affaires" comme le procès qui s'est ouvert lundi à Bordeaux, mettant en cause l'ex-directrice d'une maison de retraite dont l'attitude a été décrite comme tyrannique par certains pensionnaires et salariés.
Leurs récits évoquent des personnes âgées forcées à manger en leur pinçant le nez ou en leur tirant les cheveux, ou encore contraints de dormir sur des fauteuils convertibles en salles communes.
Dans un ouvrage paru ces jours-ci - "On achève bien nos vieux" (Oh! Edition) - Jean-Charles Escribano, infirmier depuis 25 ans auprès de personnes dépendantes, affirme que "l'omerta règne sur la médiocrité des soins apportés aux personnes âgées, une médiocrité mère de leur maltraitance quotidienne".
Cinq mois auparavant, Jacques Soubeyrand, chef d'un service de gériatrie à Marseille, racontait dans un livre au titre proche - "On tue les vieux" - (Fayard), "la toilette trop vite faite, l'ambulance qui arrive en retard, le repas servi froid" comme le quotidien de nombreuses personnes âgées.
"La personne âgée est devenue un objet de consommation. Dans certaines structures à but lucratif, on a compris tout l'intérêt qu'il y avait à prendre en charge cette population", déplorait-il.
"Je tiens à souligner que les personnels font généralement leur métier avec coeur, et c'est une raison supplémentaire pour être intraitable quand il s'agit de maltraitance", a tempéré le ministre délégué aux personnes âgées Philippe Bas.
M. Bas présentera le 14 mars un "plan contre la maltraitance", dont le point fort est la création, le 21 mars, d'une "Agence nationale d'évaluation des établissements médico-sociaux", a-t-il annoncé à l'AFP.
Une "instruction générale va être prochainement adressée" aux services départementaux de l'action sanitaire et sociale (DDASS) pour qu'ils "multiplient les contrôles" au sein des maisons de retraite.
"Il y aura une évaluation obligatoire et régulière", en interne et "en externe sous le contrôle de l'Agence", a indiqué M. Bas. Un numéro d'appel "Allô maltraitance personnes âgées" (08.92.68.01.18) sera aussi prochainement lancé.
Loin de nier la maltraitance, Pascal Champvert, président de l'Adehpa (directeurs des maisons de retraite) a de son côté rappelé à l'AFP qu'il demandait "en vain depuis de nombreuses années la fermeture de 5% des établissements", selon lui refusée par les pouvoirs publics par manque de lieux d'accueil.
Selon M. Champvert, le manque de moyens est au coeur du problème d'autant que 600 maisons de retraite supplémentaires seront nécessaires "d'ici 2 à 3 ans". Seul un doublement du nombre de personnels permettra d'y faire face, affrime-t-il.
"Dans l'immense majorité des établissements (la maltraitance ou l'absence de 'bien traitance') est liée à l'épuisement des familles et des professionnels par manque de moyens et/ou d'aide", estime M. Champvert.
En réponse, M. Bas rappelle la création de "5.000 places par an depuis 2003" en maisons de retraite et les mesures du plan grand âge de juin 2006 concernant notamment le maintien à domicile et l'accueil de jour.
L'Insee estime à un million en 2020 (1,3 million en 2040) le nombre de personnes dépendantes, contre 795.000 en 1999. (Source Yahoo France Actualités par Martine VERON) |