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"Tout juste diplômé de l'université, Christopher McCandless, 22 ans, est promis à un brillant avenir. Pourtant, tournant le dos à l'existence confortable et sans surprise qui l'attend, le jeune homme décide de prendre la route en laissant tout derrière lui. Des champs de blé du Dakota aux flots tumultueux du Colorado, en passant par les communautés hippies de Californie, Christopher va rencontrer des personnages hauts en couleur. Chacun, à sa manière, va façonner sa vision de la vie et des autres. Au bout de son voyage, Christopher atteindra son but ultime en s'aventurant seul dans les étendues sauvages dun grand Nord pour vivre en totale communion avec la nature." Derrière l'histoire vraie de Chris, dans ce dernier film de Sean Penn, j'y vois un homme qui a choisi d'abandonner son identité, sa famille, la civilisation pour aller vivre au coeur de la nature... Trajectoire étrange, pleine d'une volonté de liberté absolue... Film contemplatif et puissant aux paysages somptueux (sublime Alaska). Mais le metteur en scène a parfaitement su éviter le piège de la contemplation à outrance, ne perdant pas de vue que l’atout premier de son film est son jeune héros à la recherche de lui-même, errant à travers ces étendues perdues. De fait, si la nature peut être apaisante, elle n’en est pas moins dangereuse, pouvant se révéler un adversaire redoutable pour qui n’est pas habitué à la côtoyer. Enfin, bien évidemment, l'oeuvre est à l'image du message qu'il véhicule : elle n'apporte pas de point de vue sur le monde, mais le donne plutôt à voir, dans sa beauté première et parfois rude. C'est beau comme un roman de Jack London, poétique comme du Terrence Malik.
Il s'agit surtout d'une véritable Odyssée et du prix qu'elle exige lorsqu'on va jusqu'au bout de son rêve le plus ultime. Il faut accepter alors de laisser derrière soi pas mal de monde et beaucoup de fardeaux si on veut franchir barrières et montagnes.
Mais sans aller jusqu'en Alaska, sans tout envoyer balader, pourquoi ne laisserions nous pas tomber de temps à autre nos téléphones portables, pourquoi ne nous éloignerions-nous pas des panneaux publicitaires, pourquoi n'emprunterions-nous pas d'autres voies que les autoroutes ? Nul besoin donc de traverser les Etats Unis d'une côte à l'autre ou du sud au nord, la seule « dernière frontière » avant les grands espaces reste toujours nous. Un "soi" qui ne figure sur aucune carte, mais qu'il est bon d'aller fouler de temps en temps, comme pour s'y ressourcer, c'est un territoire si vierge, si profond, là à portée de main, là sous nos yeux et qui colle à notre peau, là juste en dessous, là du côté du coeur qui bat...
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