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Le conte est... bon

Les contes, que sont exactement ces histoires à dormir debout ? Qu’est-ce qui les rend séduisants ? A quoi servent-ils ? D’où vient leur puissance envoûtante ? Pourquoi mobilisent-ils les fantasmes inconscients, quel rôle initiatique jouent-ils, quel part éducatif engagent-ils ?

L’UNIVERS DES CONTES :
Dans les contes du monde entier, les scenarii se ressemblent : mondes merveilleux ou effrayants, où il est question de sorcières et de fées, d’elfes et de lutins, de dragons et de monstres, de loups qui parlent et de chats qui rient, d’enfants perdus et de princesses à marier… Des méchants, très cruels et des gentils, très très bons.

DES HISTOIRES TRADITIONNELLES :
En France, nous connaissons les histoires traditionnelles : celles de Perrault ("La Belle au bois dormant", "le petit Chaperon rouge", "Cendrillon", "Blanche-Neige", "Barbe Bleue", "le Chat botté", etc…), celles des Grimm, celles d’Andersen… Enrichies des récits modernes de "Peter Pan" à "Alice au pays des Merveilleux", et plus récemment encore du "Seigneur des Anneaux" à "Harry Potter"…

L’HISTOIRE DE CES HISTOIRES :
Les spécialistes font remonter la naissance du conte moderne à la Renaissance : Boccace et son "Décameron", Cervantes et son "Don Quichotte"… Le XVIIIe siècle est considéré comme « l’âge d’or du conte » ou aux multiples contes de fées s’ajoutent les contes populaires, orientaux, libertins, moraux, philosophiques. Depuis, ils n’ont cessé d’exister et de faire des petits… Leur traçabilité permet de mettre en évidence les liens qui les relient les uns aux autres et comment ils se transforment, se recomposent, évoluent.

LA STRUCTURE NARRATIVE :
Récits par nature, les contes enchaînent des séquences d’événements organisés autour d’une intrigue (des personnages magiques qui vivent des aventures incroyables, belles ou dramatiques (la belle va-t-elle trouver son prince charmant, le loup va-t-il manger la petite fille ?...) et qui nous transportent dans un monde fantasmagorique où les citrouilles se transforment en carrosses. Ils sont des fictions qui annoncent clairement leur côté non véridique par un « Il était une fois ».

LE RENOUVEAU DES CONTES :
Loin d’avoir disparu avec les sociétés traditionnelles, nous assistons depuis deux décennies à un net regain d’intérêt pour les contes, et le phénomène est international. En Amérique, Afrique, Europe fleurissent des ateliers de création des festivals de littérature orale. Les contes pour enfants témoignent aussi d’une belle vigueur : histoires pour favoriser l’endormissement ou enseigner une morale, servant à apprendre de nouveaux mots et à développer l’imaginaire.

LA PASSION DES PETITS ET DES GRANDS :
La permanence attractive des contes repose selon les critiques littéraires sur le discours raconté souvent tragique, pour les psychanalystes sur les angoisses et tourments de l’enfance (fantasme de dévoration, "Chèvre de M. Seguin" ou d’abandon, "Cendrillon"…). C’est également due à leur fonction éducative : sensibiliser aux dangers de la vie en suscitant de fortes frayeurs… Ils agissent aussi comme des rites initiatiques permettant de franchir en pensée les épreuves de la jeunesse.

AUTRES POINTS DE REPERE SUR LES CONTES :

  • Du point de vue de la narratologie
    Tous les contes se ressemblent.
    Au-delà de l’extraordinaire diversité des personnages et de leur pittoresque haut en couleur, les contes sont construits sur le même canevas. Le récit est découpé en grandes étapes successives et immuables : un méfait initial engendre la quête du héros qui par la ruse ou le combat, en se faisant parfois aider, passe par une série d’épreuves jusqu’au succès ou à l’échec final.
  • Du point de vue de l’ethnologie
    Du folklorisme à l’ethnologie.
    L’étude des contes débute avec les folkloristes qui, au XIXe siècle, s’attachent à collecter les contes populaires. En France, la démarche de l’œuvre de Paul Delarue, débutée dans les années 50 et poursuivie par Marie-Louise Tenèze, aboutira à la constitution de grands catalogues. Des théories d’explicitation se forment qui présentent alors les contes comme des dérivés des grandes mythologies préhistoriques d’origine indo-européenne. Mais il faut aussi compter avec les processus de recréation collectifs incessante et la créativité de chaque conteur.
  • Du point de vue de la psychologie
    La psychanalyse et le cognitivisme.
    Le conte exprime sous une forme détournée les conflits psychiques de la petite enfance. Ainsi les peurs, les pulsions, les fantasmes relèvent des conflits oedipiens ou fraternels. De plus, les contes montrent combien il faut traverser les épreuves pour devenir adulte, se libérer des images parentales pour accéder à l’autonomie. Quant à leur forme narrative, elle est en cohérence avec une tendance naturelle de l’esprit humain à aborder la réalité sous forme de séquences d’événements, de représentations d’actions, de visées d’intentions. Le goût pour les contes est la manifestation d’une prédisposition propre aux humains à créer des fictions, inventer des mondes possibles.

    En un mot, l’humain ne serait-il pas qu’un « homo fabulator » ?

L’INTERET DES CONTES :
En conclusion, l’intérêt des contes ne se démode, ni ne se dément. Pour nous, centre de formation, ils représentent de véritables outils thérapeutiques ouvrant à l’appréhension de soi et des autres ainsi qu'à la compréhension de la vie.

Voir : Stage sur le conte, outil d'art-thérapeutique.

  
 

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