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"L'eau qui coule ne se corrompt pas, le gond qui tient la porte ne rouille pas". L’Occident s’ouvre de plus en plus aux thérapies ancestrales venues du Soleil levant. Aujourd’hui, nul ne peut plus rester ignorant de ces arts de vivre si bénéfiques à plusieurs milliards d’asiatiques, c’est-à-dire à plus de la moitié de la population mondiale. Il est délicat de les répertorier toutes, aussi retenons que la Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC) comprend six secteurs majeurs : la diététique, l'acupuncture, la pharmacopée, le massage Tui Na et le Tai Ji Quan.
Le dernier-mais-non-le moindre est le Qi Gong (prononcez « tchi koung »).
Le Qi (= Energie) Gong (= Travail) est une pratique quotidienne et régulière (pendant quelque 30 minutes) qui, considérant l’être humain dans sa globalité, vise à accroître, épurer, harmoniser et faire circuler le flux énergétique dans tout l’organisme.
C’est par un contrôle du corps (postures immobiles et mouvements lents), de la respiration (sans efforts cardiaques ou musculaires) et de la pensée (visualisation et méditation), que les adeptes du Qi Gong apprennent à percevoir leur Qi et à le diriger le long des trajets d'énergie (Cf. méridiens de l'acupuncture). Au cours de ces séances, la respiration se ralentit, favorisant la détente et l'éveil de la conscience. La connaissance intérieure de son corps permet d’accéder à une perception plus subtile de son environnement, de retrouver le lien avec la nature et les forces opposées et complémentaires que le Qi Gong met justement en action comme le Yin et le Yang.
Bien qu'elles aient toutes une base commune (qui se perd dans la nuit des temps, influencée par le taoïsme, le confucianisme, le bouddhisme et les sciences médicales) et des exercices similaires, on peut distinguer trois grands types d'écoles traditionnelles de Qi Gong : spirituelles, dont l'objectif est surtout de libérer l'esprit ; martiales, dont font partie les différentes formes de tai-chi, appelé aussi « boxe avec l'ombre », et médicales que cette fiche développe ci-après. Attention, le Qi Gong ne peut se substituer à aucun acte scientifique, ni diagnostic médical.
Dans son application thérapeutique, le Qi Gong est de deux ordres : celui que l'on exerce pour soi (Qi Gong Yang Sheng), et celui qu'un maître applique sur un malade (Qi Gong Waiqi). Plusieurs recherches différentes ont mesuré une charge biomagnétique jusqu’à mille fois supérieure à la normale au bout des doigts des intervenants lors de l'émission du Qi.
En effet, chacun d’entre nous émet un flux énergétique, mais pour être efficient il faut savoir le maîtriser et l’orienter. Des récits rapportent que les maîtres en Qi Gong peuvent, sans toucher les patients, les anesthésier pour une chirurgie, réparer des blessures et même affecter positivement l'immunité cellulaire humaine par une action stimulante sur les cellules tueuses naturelles, ce qui réduirait les effets secondaires de la médication dans le cas de certains cancers.
Selon l'Institut européen de Qi Gong, une pratique régulière permettrait les applications suivantes. Comme mode de prévention. Assouplissement, détente, relaxation, gestion du stress, équilibre psychosomatique, meilleure vitalité, prévention des maladies, entretien de la mémoire, sommeil récupérateur… Comme approche curative. Améliorer la santé des personnes souffrant de maladies cardiovasculaires, d'hypertension, d'insomnie, de déficit oculaire, de diabète, de paralysie, de maladies dégénératives, de déficit profond de l'immunité, d'asthme, d'hypercholestérolémie, pour n'en nommer que quelques-unes… Pour l'épanouissement sportif. Augmenter la qualité du contrôle, l'endurance, la respiration et la capacité de propulsion soudaine… Pour le développement personnel. Moduler la réponse émotionnelle et l'adaptation au stress psycho-émotionnel ou affectif. Favoriser, tant chez l'adulte que l'enfant, la mémorisation, l'effort intellectuel, mais aussi l'imagination et la créativité… Pour l'ouverture spirituelle. Intensifier le développement de certaines qualités, comme le calme, la sérénité et le lâcher prise.
Il existe peu de contre indications. Liquéfiant le sang, le Qi Gong n’est pas recommandé chez la femme lors de la grossesse et des menstrues. Il est aussi déconseillé pour les personnes souffrant d'hémorragies suite à un traumatisme. Préférablement, on ne doit pas manger, boire ou … avoir de relations sexuelles une heure avant et après les exercices. En revanche, il convient bien aux personnes sédentaires pour assouplir le corps et y faire mieux circuler les énergies, aux personnes âgées, y compris celles qui dont les genoux ou les reins sont faibles, car pratiqué assis, voire allongé, il leur permet de trouver la quiétude mentale, de chasser les idées confuses et d’entretenir la vitalité intellectuelle, et aux enfants un peu agités ou trop timides, asthmatiques ou guère souriants en les aidant à gagner en équilibre, en respiration et en attention.
Aucun livre ne remplacera les instructions d'un enseignant qualifié pour assimiler l'état d'esprit dans lequel ils doivent être compris ainsi que la précision des gestes.
Une formation de praticien en Qi Gong alterne connaissances théoriques (philosophie taoïste, énergétique chinoise, anatomie, etc.) et apprentissage de la pratique. Une bonne initiation dure au minimum quinze jours, et éligible au droit individuel à la formation, peut entrer dans un cadre professionnel et être financé par l’employeur ou les organismes payeurs. Exemple de Qi Gong anti-migraine. Automassage autour des yeux. Pourquoi ? Comme c’est autour des yeux que partent les grands méridiens du foie, de la vésicule biliaire et de l’estomac, masser leur pourtour participe à la fluidification de ces organes qui, encombrés, produisent des maux de tête. Comment ? On frotte ses mains, paume contre paume, doigts ouverts pour activer le « Lao Gong », (point énergétique le plus puissant assimilé à une source d’énergie). Puis on plie l’index de chaque main, et avec le plat de la deuxième phalange, on effectue des pressions sur « les pattes d’oie ». On peut aussi joindre les cinq doigts en accolant leurs extrémités. Avec les bouts joints comme en un seul « point », on masse le Tai Yang (Soleil) qui se trouve au milieu des tempes. On effectue ce mouvement dans le sens des aiguilles d’une montre. On fait des séries de 9, 18 ou 36 mouvements selon l’intensité de la douleur.
Exemple de Qi Gong anti-stress. Soit par une respiration adaptée, soit par un automassage. En position assise, on commence par un frottement des mains, paume contre paume, doigts ouverts. On active ainsi le Lao Gong, le plus puissant point énergétique. Puis on passe alternativement, (18 fois), chaque main sur le front de gauche à droite avec la main droite, puis de droite à gauche avec la main gauche. On imagine en même temps que « l’on nettoie son esprit avec un gant afin de laver les idées noires ». Rien d’étonnant à cette impression ; aux dires de ses praticiens, le Qi Gong donne la sensation de prendre une douche à l’intérieur, d’avoir un corps plus propre, un esprit plus apaisé.
Alors, qui d’entre nous n’aurait besoin de Qi ! |