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Paradoxalement le Zen est à la fois héritier d’une très longue tradition plongeant ses racines en Inde, en Chine, au Japon et le vecteur, particulièrement en Occident, d’une recherche d’absolu caractéristique de la fin de ce millénaire. Cette recherche laisse présumer une nouvelle évolution prenant en compte tant le retour aux origines que la fusion probable avec d’autres conceptions philosophiques ou religieuses. Pour des raisons historiques et politiques le Chan, qui fut en Chine à l’origine du Zen japonais, a quelque peu été oublié. Or, la Chine retrouve peu à peu la mémoire. Sans qu’il soit question d’engager une quelconque polémique, le Zen japonais, sous ses diverses tendances et au travers de ses diverses écoles est souvent présenté comme l‘évolution, presque suivant la conception de Darwin, et l’aboutissement naturel du Dhyana ou Jhâna indien puis du Chan chinois. Il y a quelques années on présentait, de même, les arts martiaux japonais comme l’évolution et l’aboutissement suprême des arts martiaux indiens puis chinois.
Or, actuellement ils se pratiquent parallèlement et défendent leur identité spécifique. Il a simplement fallu que la Chine cesse de se prétendre amnésique et que l’Inde accepte d’admettre qu’il existait encore d’autres pratiques traditionnelles que le Yoga. De nombreux occidentaux pratiquent désormais le Kung-Fu Wushu, le Taijiquan, le QiGong, le Daoyin Fa... comme en Chine ou le Kalaripayat... comme en Inde.
Cela n’empêche nullement d’autres occidentaux de pratiquer le Karaté, le Taikyokuken, le Do In... comme au Japon. Il suffit que les Chinois retrouvent le chemin du temple ou du monastère pour que le Chan retrouve sa place. Ce Chan des origines donne une large part aux conceptions Taoïstes qui, en Chine, sont à l’origine des pratiques d’éveil et de santé liées à l’Alchimie Interne (Nei Dan), principes que l’on retrouve amplement dans l’acupuncture, la pharmacopée, les gymnastiques psychosomatiques (Tao Yin, QiGong... ), la nutrition, la géomancie et géobiologie... qui motivent de plus en plus de pratiquants.
D’autre part, en Occident, il semble que le Zen puisse, sans qu’il soit pour autant question de syncrétisme, établir des passerelles très privilégiées entre le Bouddhisme et le Christianisme. De nos jours bon nombre de prêtres, de moines, de religieux et de religieuses chrétiens ont choisi d’intégrer le Zen dans leur démarche spirituelle. Des précurseurs tels que le père Enomiya-Lassalle, Karlfreid Graf Dürckheim, Thomas Merton... permirent la création, en 1978, en étroite collaboration avec le Conseil Pontifical, d’une commission pour le dialogue interreligieux monastique destiné à faciliter cette rencontre.
par Georges Charles http://www.tao-yin.com/philosophie/bouddhisme_zen.html |