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Il serait difficile de parler du Zen sans évoquer la figure de Taisen Deshimaru. De son vrai nom Deshimaru Yasuo, il naît en 1914 et se sent très tôt attiré par le Bouddhisme. Après des études d’économie et de commerce il effectue une première retraite au Monastère Rinzai d’Engakuji à Kamakura puis rencontre, en 1936, le fameux Kôdô Sawaki (1880-1965) surnommé " le moine sans demeure " qu’il considéra rapidement comme son Maître. Kôdô Sawaki, bien que très connu, supportait très mal la vie monastique et demeurait très critique vis à vis du formalisme rituel des deux principales écoles japonaises de Zen.
Maître Taisen DESHIMARU
Bien qu’ayant été directeur des moines (Godô) du Monastère Sôtô Sôjiji et ayant terminé sa vie au Temple d’Antaiji, il ne souhaitait pas être catalogué dans l’une ou dans l’autre tendance. Cet esprit quelque peu libéral, pour ne pas dire libertaire, influença fortement le jeune Deshimaru qui, en réalité, ne pratiqua jamais la voie monastique. Devenu homme d’affaire il n’en continua pas moins à pratiquer le Zen avec ferveur. En 1965, juste avant sa mort Kôdô Sawaki consentit à initier, à titre privé, Deshimaru Yasuo et à l’ordonner moine laïc sous le nom de Taisen. Peu après Taisen Deshimaru, par l’intermédiaire d’un autre Japonais, Nyoiti Sakurazawa, plus connu sous le pseudonyme de Georges Ohsawa, fondateur de la doctrine macrobiotique, fut invité à Paris. A partir de juillet 1967 il se mit donc à enseigner la méditation auprès d’un groupe d’adeptes de la macrobiotique. On parla donc assez rapidement de Zen macrobiotique... bien que le Zen et la macrobiotique n’aient, en réalité, que de très lointains rapports. En 1969 Deshimaru publia son premier livre " Vrai Zen " puis, sous l’impulsion de ses disciples, créa, en 1970, l’Association Zen d’Europe qui devint assez rapidement l’Association Zen Internationale. Sa très forte personnalité lui permit d’ouvrir, en 1972, le Dôjô Zen de Paris, rue de Pernetty où il dispensera son enseignement jusqu'à l’année de sa mort, en 1982. Ce n’est pourtant qu’en 1975 qu’il recevra la transmission officielle (Shihô) de Reirin Yamada Zenji qui deviendra le supérieur du monastère d’Eiheiji... faisant, enfin, de lui un authentique et reconnu Maître Zen. A partir de ce moment l’enseignement de Taisen Deshimaru fut donc considéré comme faisant partie de l’école Sôtô. Il est vrai que sa présence et son action de pionnier permit au Zen de s’implanter durablement en France et en Europe... ce qui lui valut, par ailleurs, quelques jalousies et autres inimitiés. Après avoir été copieusement critiqué, sinon accusé de crime de lèse majesté, il fut donc reconnu et même accepté par ses pairs japonais. Tous ceux qui ont approché le Maître Deshimaru reconnaissent son charisme exceptionnel et sa grande simplicité mêlée d’un sens de l’humour très particulier. Bon vivant, il déployait une énergie exceptionnelle, particulièrement dans le Centre Zen de la Gendronnière qu’il souhaitait transformer en premier monastère Zen européen de l’école Sôto, jusqu'à sa disparition en Avril 1982. Il souhaita, à cette occasion, retourner au Japon et décéda à Tokyo. Son enseignement se perpétue au sein de nombreux Dôjô de l’Association Zen Internationale tant en France qu’en Europe.
par Georges Charles http://www.tao-yin.com/philosophie/bouddhisme_zen.html |