« En hiver, deux hérissons se serraient pour se réchauffer. Mais, gênés par les piquants, ils s’écartèrent. Obligés de se rapprocher de nouveau en raison du froid, ils se blessèrent une fois de plus, jusqu’à ce qu’ils aient trouvé une distance convenable où ils se sentirent à l’abri des maux. » Arthur Schopenhauer (1788-1860), Philosophe allemand.
De nos jours, si l’humanisation des soins compense la technicité croissante de la médecine, la relation d’accompagnement s’accorde mal avec les protocoles compte tenu de la réduction du temps de travail, de la compression des effectifs et de la difficulté à se situer entre empathie et rentabilité. Comment, en effet, se positionner à bonne distance relationnelle afin d’éviter le risque d’envahissement fusionnel réciproque que représente une proximité duelle entre, d’un côté, le professionnel en situation de « dévoué chaleureux » et, de l’autre, le patient en demande d’attention, entre coeur et raison ? Il existe une démarche qui permet de ne plus osciller entre un rapprochement épuisant l’affectif et une mise à distance cause de désinvestissement. Pour ne pas perdre la santé en prenant soin de celle des autres, s’agit de réaliser que se mettre à la place de l’autre n’est pas la solution en effet, prendre soin de l’autre commence par prendre soin de soi.
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